
2025 restera marquée comme une "année noire" pour le logement en France. C'est le constat sans appel du 31e rapport sur l'état du mal-logement publié par la Fondation pour le Logement en janvier 2026. Derrière les chiffres, ce sont des millions de personnes qui n'ont accès à un logement digne.
La pauvreté progresse, et avec elle, l’exposition au mal-logement.

Le rapport sur l'état du mal-logement publié par la Fondation pour le Logement rappelle qu’en élargissant le périmètre habituellement comptabilisé, on arrive à près de 12 millions de personnes en situation de pauvreté monétaire aujourd’hui.
Dans le même mouvement, les signaux d’alerte s’accumulent en novembre 2025, 2 367 enfants sont restés sans solution d’hébergement malgré l’appel de leurs parents au 115 (dont des enfants en bas âge), et les mobilisations locales se multiplient pour mettre des familles à l’abri.

Un mal-logement invisible : l’hébergement chez des tiers. L’un des phénomènes les plus préoccupants reste largement invisible : vivre “chez quelqu’un” faute de logement à soi.
Selon le rapport sur l'état du mal-logement, l’hébergement contraint chez des tiers est passé de 411 000 personnes en 2002 à 490 000 en 2013.
Ce rapport met aussi en avant, dans les “chiffres du mal-logement”, 643 000 personnes hébergées chez des tiers de manière très contrainte (dont retours subis chez les parents, impossibilité financière de s'en aller, hébergement chez des personnes sans lien direct…).

Plusieurs dynamiques se combinent et se renforcent :
• Instabilités économiques et familiales, qui fragilisent les parcours résidentiels et obligent à “se replier” sur des solutions informelles (famille, amis, connaissances) quand le marché est inaccessible.
• Marché du logement sous tension, avec une construction qui reste trop basse : en fin novembre 2025, on compte 272 700 logements mis en chantier sur 12 mois, un niveau jugé très insuffisant au regard des besoins.
• Logement social en difficulté, alors que la demande continue d’augmenter : le rapport mentionne 2,8 millions de demandes actives en 2025, pendant que les attributions reculent.
Au-delà de l’hébergement contraint, la France compte au moins 350 000 personnes sans domicile (à la rue, en abri de fortune, à l’hôtel, en hébergement généraliste ou dans le dispositif national d’accueil). Le rapport souligne que ce chiffre a au moins doublé par rapport aux estimations nationales précédentes (2012), faute d’enquête “sans-domicile” plus récente à l’échelle du pays.
Des solutions existent, mais elles ne peuvent pas reposer sur les associations seules. La Fondation pour le logement soutient et finance près de 900 projets par an pour lutter contre le mal-logement et l’exclusion, tout en interpellant les pouvoirs publics. Mais l’ampleur de la crise impose des réponses structurelles : produire du logement réellement accessible, sécuriser les parcours, et reconnaître pleinement les formes de mal-logement “invisibles” comme l’hébergement contraint chez des tiers.
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